Quand mes illustrations rencontrent les livres

Quand mes illustrations rencontrent les livres

· 8 min de lecture

Des premières couvertures de romans au Danemark aux illustrations botaniques en France, quelques rencontres ont fait entrer mes dessins dans les livres… et ouvert de nouveaux chemins dans mon travail.

Il y a une émotion particulière à découvrir son illustration sur un livre. À la retrouver en librairie, à la voir prendre place dans une histoire ou accompagner un savoir-faire.

Depuis 2015, plusieurs rencontres m’ont permis de vivre cette expérience. Des couvertures des romans de Louise Roholte aux fleurs dessinées pour les livres de Laura Flavigny, puis à mon citronnier dans Fruits de Carole Tolila, ces projets ont accompagné mon parcours d’illustratrice. Certains m’ont même donné la confiance nécessaire pour explorer de nouveaux sujets.

Au Danemark, ma première couverture de livre

Tout commence en 2015, alors que je vis au Danemark. Julie Rotne, qui travaille à l’époque au département jeunesse de Carlsen Egmont, me propose d’illustrer la couverture de Provinspiger, un roman de Louise Roholte.

C’est ma première couverture et ma toute première expérience dans l’édition.

Je reçois le roman en danois, mais Julie parle très bien français : elle me résume l’histoire et me décrit le caractère des héroïnes. Ses mots me permettent d’imaginer ces trois jeunes filles, leur personnalité et leur arrivée dans une nouvelle école.

Dans mon souvenir, j’ai alors en tête le générique du film Juno, dont j’aime beaucoup l’univers graphique. Je construis ma proposition autour des personnages et de leur environnement.

Je ne présente qu’une seule version. Et cette illustration plaît immédiatement à Louise et à Julie : aucune modification ne m’est demandée ! Pour une première expérience, c’est un accueil que je n’ai pas oublié.

Découvrir ensuite le livre en librairie est un véritable cadeau. Mon dessin est là, sur un ouvrage que des lecteurs vont choisir, emporter et lire. Le roman sera nommé au prix Orla en 2016 et connaîtra une réédition. Je le découvrirai sous deux formes : d’abord avec une couverture cartonnée, puis en couverture souple.

Exemplaires du roman Provinspiger de Louise Roholte, avec une couverture illustrée par Julie Roubergue représentant trois adolescentes.
Provinspiger, de Louise Roholte : ma première couverture de roman, réalisée en 2015 pour Carlsen Egmont.

Imaginer des couvertures qui se répondent

Cette première collaboration se poursuit avec deux autres romans de Louise Roholte, initialement publiés en 2013 : Modeldrømme et Taberliv tur-retur. À l’occasion de leur réédition en couverture souple dans la collection Sommerfugle-serien, on me confie leurs nouvelles couvertures.

Je commence par explorer une direction proche de Provinspiger, avec des personnages et des compositions riches en éléments narratifs. Puis, au fil des échanges, nous nous orientons vers quelque chose de plus épuré.

Il s’agit aussi de penser les livres ensemble : conserver une même mise en page et créer des repères communs, tout en donnant à chaque histoire son identité.

Planche de couverture du roman Modeldrømme de Louise Roholte, illustrée par Julie Roubergue pour Carlsen.
La couverture de Modeldrømme, imaginée dans une mise en page commune à la collection.

Taberliv tur-retur présente une particularité : le livre se lit dans les deux sens, chacun donnant accès à la version de l’une des deux jeunes filles. Je réalise donc deux couvertures, une pour chaque héroïne.

Ces projets me font découvrir une autre dimension du travail d’illustration : chercher, proposer, faire évoluer une idée et construire une cohérence à l’échelle d’une collection.

Les deux couvertures rose et jaune de Taberliv tur-retur de Louise Roholte, illustrées par Julie Roubergue autour des deux héroïnes.
Deux héroïnes, deux points de vue et deux couvertures pour Taberliv tur-retur.

D’autres recherches pour Carlsen suivront, sans aboutir à une publication. À cette même période, Julie change de maison d’édition et je prépare mon retour en France. Un nouveau chapitre commence.

Avec Laura, oser dessiner les fleurs

Je rencontre Laura Flavigny, la créatrice de Miluccia, en 2017, lors du Made in Bordeaux. Ces événements ont lieu deux fois par an : nous nous y retrouvons régulièrement et, petit à petit, une amitié se noue.

Laura crée alors des décorations avec des fleurs en papier. Son travail évolue vers des fleurs toujours plus réalistes, auxquelles elle se consacre pleinement. J’admire beaucoup ses créations et je suis aussi une bonne cliente !

Lorsqu’elle prépare son premier livre aux éditions de Saxe, elle me demande si j’aimerais y participer en dessinant quatre fleurs : une rose, une pivoine, un hortensia et un dahlia.

À cette époque, je dessine surtout des bâtiments, des monuments et des villes. Je commence tout juste à explorer les paysages. Les fleurs représentent donc un nouveau terrain pour moi.

Mais Laura a perçu ma sensibilité pour la nature et la délicatesse des fleurs. Sa confiance me donne envie d’essayer.

Je pars de fleurs naturelles. Comme toujours, je commence par des croquis sur papier, pour comprendre leur morphologie, chercher leur équilibre et trouver la façon dont je souhaite les représenter. Je réalise ensuite les dessins sur Illustrator : je n’ai pas encore d’iPad ni de Procreate.

Ces quatre fleurs prennent place dans Jardin poétique de papier, paru en 2022.

Jardin poétique de papier de Laura Flavigny, accompagné d’une fleur en papier rose et d’illustrations florales encadrées de Julie Roubergue.
Jardin poétique de papier, le premier livre de Laura Flavigny, paru aux éditions de Saxe en 2022.

Cette collaboration compte beaucoup dans mon parcours. Au même moment, je crée de petites cartes postales très fleuries. Je me sens légitime à dessiner autre chose, à ouvrir davantage mon univers au végétal. Et je ne m’arrêterai plus vraiment d’explorer cette direction.

Une anémone observée dans ses moindres détails

Pour son troisième livre, Devenir expert – Les fleurs en papier, paru en 2026, Laura me propose une nouvelle approche : réaliser une planche botanique pour accompagner la leçon 5, « Comprendre le vocabulaire botanique ».

Cette fois, il faut montrer la fleur entière, mais aussi détailler ses différentes parties pour permettre de les identifier et de les comprendre.

Nous choisissons l’anémone, une fleur que nous aimons toutes les deux. C’est aussi la saison : il est donc facile d’en trouver pour l’observer et la décortiquer.

Je retrouve le papier pour les premiers croquis, puis je poursuis sur Procreate. Cet outil me permet d’aller plus loin dans les détails, les matières et les ombres.

J’éprouve un réel plaisir à regarder la fleur d’aussi près. À dessiner ce que l’on ne remarque pas forcément au premier regard. À prendre le temps de comprendre comment elle est faite.

C’est aussi ce que j’aime dans le dessin : découvrir que cette multitude de petits détails compose un tout. On croit connaître une fleur, puis on l’observe et l’on découvre encore quelque chose.

Livre de Laura Flavigny ouvert sur la planche botanique d’anémone dessinée par Julie Roubergue, à côté de papiers crépon colorés.
Observer, décortiquer et dessiner : une planche d’anémone pour accompagner l’apprentissage du vocabulaire botanique.

Mon citronnier dans Fruits, de Carole Tolila

En 2025, une autre rencontre fait entrer l’une de mes illustrations dans un livre.

Camille Gressier, cofondatrice du magazine botanique Blumenhaus, me contacte après avoir découvert mon travail sur Instagram. Elle assure la direction artistique du prochain livre de Carole Tolila, Fruits, à paraître chez Marabout.

Le projet réunit trente fruits interprétés par trente artistes, dans un livre aux pages détachables. Carole a eu un coup de cœur pour mon illustration de citronnier et souhaite l’y faire figurer.

La démarche est nouvelle pour moi : cette illustration existe déjà, elle est née dans mon propre univers. Je l’adapte simplement au format du livre, sans la redessiner. Ma participation comprend aussi une petite interview.

Découvrir le résultat est une immense satisfaction. Le livre est magnifique, et je suis fière de voir mon citronnier aux côtés des œuvres de si belles illustratrices. Je me sens reconnue pour mon dessin, pour ce que j’aime créer.

Fruits de Carole Tolila ouvert sur l’illustration de citronnier de Julie Roubergue, devant plusieurs exemplaires à couverture jaune.
Mon citronnier dans Fruits, le livre de Carole Tolila paru chez Marabout en 2025.

Des rencontres qui font évoluer mon dessin

En repensant à ces livres, je retrouve autant des illustrations que des rencontres.

Julie m’a ouvert les portes de l’édition au Danemark. Laura m’a fait confiance pour dessiner des fleurs alors que je n’osais pas encore vraiment m’aventurer dans cette direction. Puis mon citronnier a trouvé sa place dans un ouvrage collectif consacré aux fruits.

Chaque projet m’a demandé une approche différente : imaginer les personnages d’un roman, faire dialoguer des couvertures, observer une fleur ou adapter une illustration existante.

Les fleurs et le végétal occupent aujourd’hui une place grandissante dans mon travail. C’est ce qui me fait vibrer en ce moment : observer les formes, les couleurs, les détails, puis leur donner une place dans mes dessins.

Et lorsque je retrouve ces livres, je mesure tout ce que ces collaborations m’ont apporté depuis ma première couverture, en 2015.


Les livres et les personnes derrière ces projets

Vous préparez un livre et souhaitez y associer mon univers illustré ? Je serais heureuse d’échanger avec vous autour de votre projet.

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